Elaborer son storytelling digital

storytelling digital

Et si, pour changer, nous parlions un peu de littérature ? Car si nous revenons à l’origine même du mot « storytelling », c’est à dire raconter des histoires, il est évident que la littérature a beaucoup à nous apprendre sur la manière d’élaborer le storytelling, et a fortiori le storytelling digital, de notre marque.

Si nous réfléchissons bien, quel est notre objectif ?

Notre objectif est, à partir d’une marque circonscrite dans un secteur d’activité, d’en faire émerger des structures narratives que nous pourrons ensuite décliner au travers d’une stratégie axée autour :

  • Du contenu d’un site web (et par contenu, je n’entends pas le seul contenu rédactionnel ! Un anodin formulaire de contact est en soi un élément de storytelling, et donc une structure narrative, formidable !),
  • D’une stratégie transmédia qui nous permettra, d’une part de raconter l’histoire, d’autre part de la complexifier.

Pour l’atteindre, nous estimons que les enseignements de la littérature peuvent être intéressants, voire inestimables.

Quelles sont les composantes d’un bon roman ?

Si cette question secoue le monde littéraire depuis des centaines d’années, il me semble malgré tout possible de dégager des structures invariantes qu’on retrouve systématiquement dans les œuvres de la littérature. Cela ne signifie pas, bien entendu, qu’il suffit que soient présents ces éléments pour qu’un roman soit bon ! Mais la présence de ces éléments garantit au minimum une forme de cohérence. Reste, ensuite, la question du talent de l’auteur. Et ce talent-là, lui, n’est heureusement pas reproductible…

Quels sont les éléments indispensables à une bonne histoire ?

Un héros

Pour commencer, il nous faut un héros. Héros ou anti-héros, salopard ou sauveur du monde, peu importe ! Nous avons besoin d’avoir un personnage qui servira de pivot à notre histoire. Et pour que celui-ci soit un héros efficace, il va falloir le faire évoluer, grandir, progresser.

Une mise en situation

Certes, nous avons un héros doté d’une psychologie et que nous sommes prêts à faire évoluer, mais pour cela, il sera indispensable que notre héros soit mis en situation : interaction avec d’autres personnages, avec un milieu, une ville, un pays, une époque, autant d’éléments qui nous permettront de mettre notre héros en perspective, de lui donner une existence, de le rendre crédible. N’oubliez jamais qu’une personnalité se constitue toujours en réaction.

Un point de rupture

Notre héros, quel qu’il soit, se trouve toujours marqué dans un premier temps par le sceau de la naïveté. C’est à dire qu’il est toujours d’abord comme une page vierge, quel que soit d’ailleurs son âge, ou son parcours, avant le démarrage de l’histoire, et il ne remet à aucun moment en cause sa condition. Nous devons donc, pour ainsi dire, déniaiser notre héros si nous souhaitons qu’il commence à évoluer. Pour cela, une seule solution : le confronter à une adversité qui le mettra en danger. Ennemi ou situation, peu importe : l’essentiel est que cette altérité empêche tout retour en arrière possible.

Une quête

Pour se retrouver lui-même, notre héros devra partir en quête. Que ce soit, comme dans le Petit Poucet, la simple volonté de retrouver sa maison, ou encore, pour Luke Skywalker dans Star Wars, le fait de trouver la Force en lui, cette quête s’annoncera périlleuse, faite de succès mais également d’échecs dont il faudra tirer les leçons pour avancer.

Des compagnons

Car personne n’est une île, un personnage doté de toutes les perfections, un véritable super héros, ne permettra pas un véritable processus d’identification. Des compagnons viendront donc s’adjoindre à notre héros, disposant de compétences qui lui seront complémentaires. La seule qui lui sera en définitive invariablement échue reste l’ingéniosité.

Le grand combat final

Quel que soit sa forme, ce grand combat, qui peut souvent prendre des formes symboliques, voit le triomphe de notre héros au bout de sa quête. En la clôturant, il redevient lui-même, mais tout en étant fondamentalement autre : il est désormais en mesure de tirer les enseignements de son aventure, de son expérience.

 

Bien entendu, on pourrait trouver bien d’autres éléments constitutifs d’une bonne histoire. Mais ceux-ci constituent une structure invariante qu’on retrouve tout au long de l’histoire de la littérature et, en général, dans toutes les bonnes histoires.

Ainsi, concevoir un storytelling digital revient nécessairement à les intégrer de manière profonde dans les différents constituants de la stratégie : site web, médias sociaux, newsletters, emailings, etc… Cela signifie revoir en profondeur notre manière même de concevoir des sites web, mais c’est aussi une opportunité formidable de voir émerger de nouvelles manières de tenir des discours sur les marques.


 

Cet article vous inspire ? Partagez-le sur les réseaux sociaux !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

X
X